Mont Hood: Ascension de la route  »Steel Cliff » Face Sud

Info générales

Montagne: Mont Hood
Route: Steel Cliff South Face
Grade: AI2
Temps du Stationnement: 8 heures
Équipement:
-2 ancrages à neige
-2 broches à glace
-Corde 30 mètres
-Crampons
-2 piolets

Itinéraire

Jour 1: Aller-retour route

Une fenêtre de beau temps, vraiment!

Le mois de février tirait à sa fin et nous n’avions toujours aucunes grimpes à notre actif. L’an dernier à ce temps-ci de l’année, nous cumulions nombreuses routes et succès. Les conditions cette année étaient horribles pour les alpinistes sur le nord-ouest du pacifique! Des tempêtes interminables de neige tombaient depuis le mois de décembre rendant inaccessible l’accès aux montagnes et même aux stations de ski.

Après plus de trois mois de suivis quotidiens des conditions météorologiques, une fenêtre apparue soudainement sur notre montagne préférée le Mont Hood. Entre deux tempêtes de neige, nous avions quatre jours de beau temps devant nous pour grimper.

Chris et moi, prîmes congés dès la deuxième journée de beau temps en se croisant les doigts pour que la neige ait eue suffisamment de temps pour consolider… Un peu trop optimiste, lors de notre arrivée à la base de la route, plusieurs signes de plaque d’avalanche étaient présents nous forçant de faire demi-tour.

Déçue et un peu accro à l’alpinisme, nous avons décidé d’attraper la dernière journée de beau temps dans les prévisions météorologiques soit deux jours plus tard. Voici le récit de cette aventure!

Alors on grimpe quoi?

Notre dernière grimpe remontait à notre voyage au Pérou, soit il y a plus de six mois. On a donc scruté les routes dans notre guide favori ‘’Mt Hood Climber guide’’, lu plusieurs rapports de sortie ainsi que de nombreux blogues et avons décidés de s’attaquer à une route peu grimpée soit le ‘’Steel Cliff’’ sur la face sud de la montagne.

Une grimpe ardue ayant des pentes de plus de 50 dégrées constituées de plusieurs ravines de glace nous attendait. On prépara de la nourriture pour 16 heures et hop c’était partis pour notre première aventure depuis fort longtemps.

On se rend à la base en ski?

Après avoir dormi quelques heures et avoir conduit pour plus de quatre heures, nous arrivions au stationnement du Timberline Lodge. À partir de ce stationnement, un sentier entretenu par la station de ski amène les grimpeurs jusqu’au sommet du remonte-pente du Palmer. Le sentier est entretenu au quotidien par les dameuses et est donc en très bon état.

Hyper excité, nous sortions nos skis de la voiture. Effectivement, nous avions pour objectif de skier la descente de la montagne. Après avoir appris à skier il y a uniquement que quelques semaines, j’étais plutôt confidente que je serais en mesure de descente le Palmer. Comme je skiais à la station de ski plusieurs pentes ‘’noires’’, Chris et moi étions certain que le Palmer serait un jeu d’enfant!

Comme l’approche incluait un glacier et donc des conditions de neiges durcies par le vent, croûtée ou même de la glace nous mettions des peaux d’ascension. Mettre les peaux était plutôt faciles, par contre, le chaussage de nos bottes dans les fixations était tout un défi. Après un sacré bout, dans de forts vents galcial, nous avions finalement réussi à chausser nos bottes.

Uniquement deux heures après notre départ, nous étions arrivés au haut du Palmer à 2 500 mètres d’altitude. Pour la plupart des routes, les grimpeurs doivent continuer vers le ‘’Hobsback’’ en passant par le triangle ‘’Moraine’’, en revanche pour se rendre sur la route Steel Cliff nous devions effectuer une descente sur le glacier ‘’White River’’. Comme il s’agissait d’un glacier avec un pente assez raide, nous avons attendu le lever du soleil avant d’y descendre pour évaluer les conditions de neige.

La première tentative, nous avait appris que de nombreuses plaques d’avalanche s’était formée suite à la dernière tempête. On espérait que la neige s’était condensée depuis notre dernière visite.

La descente sur le glacier était plus raide, nous avons donc enlevée nos skis par précaution. On a fait très attention parce que lors de la première tentative Chris avait échappé son casque d’escalade. Évidemment, ça avait rendu notre décision de faire demi-tour encore plus facile.

Le soleil lever, nous inspections la face de la route et le glacier. Les signes de plaques étaient disparus rendant notre descente sécuritaire.

Vue de la route à partir du glacier  »White River »

La première rampe de neige

Après la descente sur le glacier, nous avons débutée la route par une pente de plus de 50 dégrée composée d’un mélange de neige et glace. Un départ assez intense, pour des grimpeurs n’ayant pas grimper depuis aussi longtemps.  Notre montée s’est faite en simul. Mes mollets étaient en feu…c’était interminable, et comme évidemment pour Mont Hood très exposée au risque de chute de glace de givre provenant des givres au-dessus de nous.

Le début de la première rampe.

Justement, un morceau de glace pendant notre montée de la taille d’une chaise est tombé et a manqué de me frapper. Question de rendre le tout encore plus intense, un morceau de glace a frappé le casque de Chris tirant sa caméra go pro de son attachement. Étonnement, Chris a réussie a attrapé le go pro pendant son envol.

Le ‘’Crux’’

Après avoir survécu la première rampe, nous croyons que le plus dure était passé. Je ne savais pas nécessairement ce que voulait dire ‘’Crux’’ lorsque j’ai lu le livre, eh bien maintenant je sais. Il s’agit de la partie la plus ardue d’une route…. Arrivée au ‘’Crux’’ un monstre de glace de givres s’était formé au-dessus de l’une des chutes. Nous avons donc décidé d’en rester loin et de grimper l’autre chute.

The  »Crux »
Crédit photo: Mon amoureux

Plutôt amusante, on s’est ancrée sur le côté et on a débuté notre ascension dans le petit tunnel de glace de givre donnant sur une immense formation de glace de givre de la grosseur d’une maison suspendue dans le vide. Ce n’est pas pour vous dire que nous avons avancé plutôt rapidement en passant en dessous de cette monstrueuse formation.

La deuxième rampe de neige

Après avoir passé la première chute, nous étions arrivés sur la deuxième rampe de neige. Une pente interminable de plus de 55 degrés avec une neige non condensée nous attendait.

La deuxième rampe.
Crédit de Photo: Mon amoureux

Hyper exposée et à haute conséquence, nous ne rions plus. Au sommet de nous, des givres de glace étaient présents partout. On se demandait si nous étions perdus, car on arrivait pas du tout à voir notre premier repère ‘’le crater rock’’. Il s’agissait d’un rocher vers lequel nous devions grimper afin de sortir vers le haut du ‘’crater rim’’ sur la route ’’Wy’East’’. En levant mes yeux, je voyais Chris sacré contre la neige alors qu’il glissait sous chacun de ses pas. La neige n’avait pas condensé sur cette rampe et une glace très fine s’était formée en dessous qui lorsque je tapais avec mes crampons cassait et me réservait une autre couche de neige non condensée. Le stress était élevé car nous n’avions aucun endroit pour placer un piquet de neige et nous protéger de toute chute. On avait donc confiance en nos compétences de grimpeurs pour grimper en toute sécurité.

Nous savions aussi que notre fenêtre de beau temps tirait à sa fin et une tempête de neige s’annonçait d’ici quelques heures réservant des vents de plus de 80 km par heure et une tombée de neige de plus de 30 cm!

La fatigue s’en prie de nous et au moment où nous commençions à regarder de plus en plus notre route sur le GPS, nous entendons une voix nous appeler. Deux grimpeurs sur la crête du ‘’Wy’East’’ nous saluait, nous indiquant la route à prendre pour sortir de cette rampe. Alléluia, larmes aux yeux je croyais en Dieu à nouveau. Une petite lueur d’espoir s’alluma dans mon cœur me donnant la force de continuer à avancer. Entre-temps, la rampe nous offrit toute une vue exceptionnelle sur la face sud de la montagne et sur le fameux ‘’hosgback’’.

Vue sur le  »Hogsback ».
Crédit de Photo: Mon amoureux

Pour se rendre sur le ‘’Wy’East’’, nous devions, par contre, passer à nouveau par des glaces de givre évidemment instables. Cette foutu glace qui brise sous nos pas. Encore une fois, nous avons fait preuve de prudence, car nous étions sur une pente très inclinée, exposée à une chute élevée et formée de nombreux fumerolles….

Les glaces de givres.
Crédit de Photo: Mon amoureux

La descente

Après avoir survécu la route, nous étions finalement sur le ’’Wy’East’’.

La joie du Wy’East.
Crédit de Photo: Mon amoureux

Arrivé sur le ‘’Wy’East’’, nous étions uniquement à 200 mètres du sommet. La décision fût fort simple de redescendre, car on avait laissé nos skis à la base de la route et continuer sur la route ‘’Wy’East’’ nous aurait forcé de descendre par le ‘’hogsback’’, soit vraiment loin d’où les skis étaient situés.

Le Wy’East.

Alors on débuta notre descente… mais pour se rendre au ski il fallait encore une fois passer par une face de glace de givre inclinée. J’en avait marre, mais je restais concentrée…. Avec beaucoup de précaution on arrivait enfin à nos skis.

Descente dans la glace de givres.

On chaussa nos bottes et on skia le Palmer tel que planifié exténué et lampe frontale allumée! La descente prit moins d’une heure rendant le tout fort plus agréable que de marcher! À la prochaine fênetre de beau temps Hood!



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