Cordillère Blanche: Ascension de Vallanaraju, Huaraspasca, Yannapacha et Toclarajju

Après avoir grimpé pendant plus de huit mois sur la côte ouest le temps était venu pour nous de se diriger vers des sommets plus élevés. Après avoir longtemps discuter, Chris et moi avions pris la décision de retourner là où notre histoire d’amour est née, le Pérou.

Nous nous y étions rencontrés sur un banc dans le refuge de la vallée d’Ishinca entre deux grimpes. Nous avions passés des heures et des heures à discuter. C’était le coup de foudre instantanée et malgré la distance qui nous séparait nous nous sommes jamais quitter après ce voyage.

Le Pérou est un endroit particulièrement attrayant, car il offre une panoplie de vallées avec plusieurs montagnes accessibles de la ville et requièrent peu de temps d’approche. Idéal pour ceux qui désire faire des ascensions rapides vers des sommets élevés.

Pour ce voyage, nous avions planifié de grimper plus de quatre montagnes de 5,500 mètres et + et ce en moins de 14 jours, un défi colossal.

Le plan

Jour Description
1 Vol arrivée : Lima
2 Huaraz
3 Huaraz
4 Huaraz
5 Randonnée d’acclimatation : Lac Churup
6 Vallanaraju : Chalet
7 Vallanaraju : Sommet
8 Repos
9 Huarapasca : Sommet
10 Yanapacha : Camp de base
11 Yanapacha : Sommet
12 Repos
13 Vallée Ishinca
14 Tocllaraju : Camp intermédiaire , Sommet
15 Huaraz
16 Vol retour


Jour 0 – 25 juillet: Départ
Altitude: Niveau de la mer

Nerveusement, nous avions sélectionné un vol ayant comme connection la ville de Mexico. Lors de ma dernière expédition au Pérou, l’été dernier, un employé manipulant les baguages avait volé pour plus de 2 000 $ de matériels et ce sans briser le cadenas ainsi que la fermeture éclair de mon sac.

Comme le sac était intact, je m’étais rendue compte des accessoires manquants qu’une fois arrivée à Huaraz, et ceci m’avait mis dans une fâcheuse position. Les options était très limité dans cette ville où un seul marchand vendait les articles qui me manquait ! Ceci m’avait aussi apporté à passer plus de trois heures avec un autre gimpeur comme interprète (mon espagnol est nul!) à la station de police de tourisme pour obtenir une déclaration pour les assurances…. Qu’elle merde !!!

Alors cette année, j’ai échangée mon sac Duffel Arc’teryx qui avait une fermeture éclair facilement ouvrable pour le fameux sac robuste d’expédition North face. Notre stratégie pour cette expé, matériel le plus critique dans nos sacs à dos alpin que nous transporterions sur nous dans l’avion: mitaines, bottes d’alpinisme, vêtements techniques non-facilablement trouvable à Huaraz, etc.

Trois sacs d’expédition plus tard, nous nous retrouvions sur nos sièges pour s’envoler vers Lima la capitale du Pérou !

Jour 1 – 26 juillet: De Lima à Huaraz

Altitude: Niveau de la mer

Après plus de quinze heures de voyagement, nous étions finalement arrivés. Après s’être assurés que nos valises étaient intactes et qu’aucun équipement n’était manquants, nous sommes partis à la rencontre de notre chauffeur. Celui-ci nous attendait avec une pancarte sur laquelle était inscrit notre compagnie d’expédition « Skyline Adventure ». Malheureusement, la compagnie avec laquelle j’avais grimpé («Altitude Junkie» ) offrait uniquement une expédition au Pérou que j’avais participée l’an dernier. Nous affectionnions particulièrement Phil, proprio de cette compagnie, car il nous avait présenté Chris et moi dans le refuge de la vallée d’Ishinca.

Skyline Adventure, était cependant une compagnie que Chris connaissait très bien. Chris avait grimpé pendant plus de trois saisons avec eux et connaissait personnellement les prioritaires, Jenn et Todd. Anciens grimpeurs, Jenn et Todd, n’étaient jamais partis du Pérou après leur premier voyage de grimpe. Comme quoi cette endroit est magique!!

Notre chauffeur nous amena à travers la ville ou nous avions planifié de passer la soirée avant de prendre notre autobus de nuit. Chris et moi dégustions des ceviches, plat national du Pérou qui est totalement délicieux et célébrions la vie. Après quelques verres, nous nous rendions vers notre autobus qui nous amènerait à Huaraz. Un voyage de nuit de plus de huit heures nous attendait. Comme nous avions l’habitude nous savions que la route serait longue et nos heures de sommeil courte.


Jour 2 – 27 juillet: Première journée d’acclimatation
Altitude: 3670 m

Aussitôt arrivée à Huaraz, Chris et moi furent accueillis par notre chauffeur qui nous apporteraient à notre hôtel. Cette fois-ci, nous avions décidé de s’éloigner de la ville et de ce fameux endroit où tous les grimpeurs se retrouvent la plaza del ‘’Gringo’’ afin de séjourner dans un chalet en montagne. Le but était de s’acclimater le plus rapidement possible pour atteindre notre premier objectif d’ici quelques jours.

À plus de trente minutes de la ville, le Lazy Dog Inn est chalet offrant une acclimatation géniale, car il est situé à plus de 3670 mètres, soit plus de 670 mètres que la ville de Huaraz.  Dès notre arrivée, Gina, la responsable du chalet nous accueillit avec un grand sourire et nous apporta à notre chambre située au deuxième étage. Aussitôt nos valises déposées, elle nous offrit un tour du chalet ainsi que des divers projets mis en place afin de supporter la communauté locale aux alentours. Débutant par notre cuisinière, celle-ci nous salua et Gina nous expliquait rapidement que le chalet engageait les villageois en tant que cuisinier et que les divers aliments que nous mangerons était cultivés dans les serres mis en place dans le village. Le chalet était auto suffisant et s’assurait de récupérer chaque matières organiques afin de produire du composte qui servait à cultiver la terre. Le chalet permettait à la communauté un soutien incroyable en offrant des emplois, du composte mais aussi un enseignement par l’entremise d’une école qui avait été construite par les prioritaires du Lazy Dog.

Nous étions sous le charme, ceci était définitivement magnifique et nous pouvions observer de notre chambre d’hôtel notre prochain objectif Vallanaraju.

Jour 3 – 28 juillet: Repos
Altitude: 3670 m

Comme il s’agissait de notre deuxième journée en haute altitude, Chris et moi avions décidé de prendre une journée de repos afin de donner une chance à notre corps de s’adapter au changement de pression atmosphérique. 

On se sentait aventurier et avions décidés de partir à la rencontre de nouveaux amis à Huaraz……. Mais bon, la saison était plutôt fini et la plaza del gringo était quasi-vide et était bondée par des randonneurs plutôt. Nous avons été mangés dans le restaurant de Jenn et Todd, notre opérateur d’expédition, Trivio. Il s’agit du répère pour la plupart des grimpeurs, mais aussi pour la plupart des ‘’gringos’’ comme nous ou on est certain de ne pas tomber malade hahaha! Durant notre repas, des chercheurs étaient assis à côté de nous. Il discustait de leur ascension à venir sur Huascaran. Cette été une équipe du National Geographic participait à l’étude du glacier sur cette montagne connue pour être très dangeureuse. L’équipe avait fixée des lignes comme au Népal pour l’occassion et avait changé la route afin d’éviter les risque de chutes de glace et d’avalanche. Chris et moi regrettions notre plan après eu vent de cette nouvelle route. Avoir su nous aurions planifié notre expédition sur Huascaran.

Pour rentrer à notre hôtel, nous avions arrangé avec une compagnie de transport notre heure de retour étant donné qu’il s’agissait d’une route rocailleuse et longue (plus de trente minutes). La plupart des taxis en ville n’aurait pas acceptés de se rendre aussi loin.

Jour 4 – 29 juillet: Une petite rando
Altitude: 3670 m

À notre réveil, Gina avait préparée avec l’aide des cuisinières du village, un repas pour notre lunch que nous pourrions apporter lors de notre randonnée en plus de notre petit-déjeuner. Après trois jours en haute montagne, nous partions pour notre première randonnée d’acclimatation. Jenn avait obtenu un chauffeur qui nous amènerait au Laguna Churup, un sentier très populaire et qui nous permettait de se rendre en moins de quelques heures à une altitude de 4 500 mètres. Ce sentier offrait une vue sur Churup, une montagne de plus de 5,400 mètres offrant des routes intéressantes pour tout grimpeur cherchant des routes techniques.

Vue de Churrup sur le sentier

À prendre note, qu’il est important d’apporter de la monnaie, car au pied du sentier des gardes du parc national demanderont une preuve d’achat de passe donnant accès au parc National Huascaran. Ces passes peuvent être achetées directement au pied du sentier ou au bureau de l’association des guides de montagne du Pérou à Huaraz. Des passes pour 30 jours ou pour la journée peuvent être acheté pour moins de 65 soles par personne.

Jour 5 – 30 juillet: Enfin un premier objectif !
Altitude: 4500 m

À notre réveil, Nacho notre guide nous attendait dans le salon de l’hôtel. Chris se prépara rapidement et descendit à la course saluer Nacho. Ces deux grimpeurs se connaissaient depuis fort longtemps, et avait grimpés pendant plus de deux saisons au Pérou ensemble ainsi que plusieurs objectifs en Équateur. Chris et Nacho étaient devenus de bons amis.

Après notre petit-déjeuner, nous partions pour notre premier objectif Vallunaraju. Le plan était fort simple, nous dormirons dans le chalet des guides de montagnes du Pérou, que Jenn de peine et misère avait réussi à faire ouvrir pour cette unique nuit pour Chris et nous. Ce chalet situé à plus de 4 500 mètres était uniquement réservé pour la formation de nouveau guide de montagnes ici au Pérou.

Jenn était une coordinatrice d’expédition extraordinaire qui par son passé de grimpeuse avait un nombre de connexion incroyable. Elle était tout simplement extra!

Le chemin pris plus de 40 minutes, et arrivé au chalet je fis un effort pour ne pas m’étendre, car je suis consciente que notre respiration ralentit lorsque nous sommes au repos et ceci peu affecter négativement mon acclimatation. Je descendis donc à la cuisine pour discuter avec Nacho.

Après avoir souper, je partis me coucher avec Chris. Nerveusement, je fermais mes yeux en espérant que notre premier objectif se déroulera bien.

Jour 6 – 31 juillet: Vallunaraju North Ridge
Altitude: 4500 m
Sommet : 5686 m

Le réveil sonna à 2 heures du matin…… Durant la nuit, j’avais tenté de m’aider à dormir en prenant des tranquillisants. Comme il s’agissait de notre première nuit à plus de 4000 mètres mon corps s’ajustait encore et conséquemment mon sommeil fût rempli de rêves étranges. Je me réveillais durant la nuit constamment avec l’impression d’être réveillée. Un classique pour une première nuit en haute altitude.

J’engloutis quelques toast en me rappellant que mon petit-déjeuner militaire de granola avec petits fruits me manquait. Par le passée, j’avais souvent appris à la dure l’importance d’avoir suffisament de calorie dans mon corps avant une ascension. Cette fois-ci, je n’arrivais plus à calculer mes calories, mais je me disais que le pain et la confiture devrait être suffisant….. petite erreure encore une fois!

Le sentier est situé tout près du refuge. Caché entre les roches (très franchement sans l’aide de Nacho, je me serait perdue dès les premiers pas)il s’agissait d’un chemin plutôt facile à grimper et rapide. Près du glacier, une morraine assez imposante doit être franchie. De mon côté, il s’agissait d’un premier morraine pour moi! Que des heures de plaisir à tenter de garder mon équilibre sur ces roches (un peu de sarcasme ici!)

Arrivé sur le glacier, je me sentais très bien malgré un petit mal de tête. Bébé aspirine à la rescousse et hop j’étais sur mes crampons prête à atteindre le sommet. Nous étions conscients qu’il s’agissait d’une ascension hyper rapide et très agressive ( + de 5 500 mètres après uniquement 7 jours en haute montagne).

Une neige fraîche était tombée quelques jours auparavant rendant notre approche charmante et nous offrant une vue incroyable sur la ville derrière nous. Le tracé pour le sommet était encore bien défini. Un petit détour était requis de la route traditionnelle pour éviter une zone de chute de glace et neige. Voir ces zones me rend toujours aussi nerveuse, car je suis consciente que la chance est bien souvent un hasard qui se provoque – Confucius. Et on s’entend qu’on la provoquait en passant tout près de ceci.

Je tentais de faire abstraction des morceaux géants de glace que je venais d’apercevoir. Après plusieurs sommets dans mon résumé, je comprenais mieux dorénavant les risques que la montagne représentait. Comme je ne connaissais peu cette région, la vue d’une lignée de morceaux de glace de la grosseur d’une voiture me rendait nerveuse. Je me mis à prier silencieusement dans mes pensées et je me concentrais sur la route.

Un détour dans les crevasses plutôt exposée s’imposait. Nacho était le leader de la grimpe, et je lui faisais totalement confiance. Dans son pays natal (équateur) Nacho était un professeur pour tout grimpeurs tentant d’obtenir leur accréditation de guide de montagne international. Il était donc extrêmement prudent dans son approche, ce qui me convenait et me rassurait.

Petit détour entre les crevasses

Après avoir passé plusieurs piquets, eu quelques traversées entre les crevasses exposée nous sommes revenus sur la route normale, et nous entreprenions la dernière poussée vers le sommet. Ma tête se mis à faire mal, nous étions qu’à plus de quelques mètres du sommet. Je décidai de pousser alors mon corps.

Une crête de plusieurs mètres nous séparait du sommet avec une pente de plus de 50 degrés. Nous avancions calmement et prudemment vers le sommet. Après moins de 4 heures, nous nous retrouvions au sommet remplis de joie. La vue était incroyable, et Chris et moi sautions de joie d’avoir été capable de grimper aussi rapidement en si peu de temps. Notre plan fonctionnait, ou presque….

Vue du sommet

Nous savons tous que le sommet n’est pas un endroit ou nous devons nous attarder trop longtemps, nous avons après quelques minutes débuter notre descente. La crête était très facile à descendre évidemment, mais peu de temps après la descente mon estomac me jouait des tours. Nous avons donc effectué rapidement la descente, en tentant de s’assurer que je conserve mes électrolytes en me donnant des suppléments fréquemment. Nacho de son côté était malade depuis plusieurs jours, et son état semblait détérioré aussi.

La crête

Lors de notre descente, je lançais un cris à Chris en pointant un dessin sur la neige : un grimpeur avait dessiné un pénis!! Choquée que quelqu’un puisse être aussi relax sur une route comportant des risques de chutes de glace, je continuais ma descente et pensait déjà à notre prochain objectif Huarapasca!

Après plus de huit heures, nous étions de retour au chalet des guides, et nous embarquions dans notre autocar qui cette fois-ci nous apporterait à Huaraz pour nous reposer avant notre prochain objectif.

 Jour 7 – 1 août: Huaraz
Altitude: 3000 m

De retour en ville, nous avons été mangés encore une fois au restaurant de Jenn, et nous nous sommes endormis raides dans notre chambre d’hôtel en regardant la nouvelle série télévisé ‘’Casa Del Papei’’. Notre réveil serait encore une fois rapide, car nous avions un autre sommet inscrit dans notre horaire : Huarapasca. Il s’agissait d’une deuxième montagne nous permettant de nous acclimater pour notre objectif final qui serait à plus de 6 000 mètres.

Jour 8 – 2 août: Huarapasca
Altitude: 3000 m
Sommet : 5412 m

Encore une fois le réveil sonne à deux heures du matin. Nacho nous attend dans l’autocar qui nous apportera vers Huarapasca. Fatigué de notre sommet qui remontait à mon de 12 heures, Chris et moi étions super motivés et excités d’aller vers notre premier objectif qui comporterait une section ‘’technique’’.

Malgré, le niveau d’altitude plus bas que Vallanaraju, nous avions décider de mettre ce sommet en deuxième, car la route requiert une approche plus technique. Vallanaraju contrairement requiert uniquement une « longue marche ».

Mon estomac était revenu à la normal, cependant en entrant dans l’autocar je dénote que l’état de Nacho s’est détérioré. Silencieux et caché dans sa parka, il tousse énormément.

La route fût silencieuse, mais plutôt rapide. Après uniquement 30 minutes, nous retrouvons au pied de la montagne ou à nouveau un sentier entre caché dans les rochers nous attendait. Avant l’ascension, nous avons pris notre petit déjeuner. Lors de mes grimpes, je suis habituellement régimentée et j’optes avant chaque ascension pour le même rituel: flocon d’avoine, petits fruits des champs et lait d’amande. Pour ce voyage, je n’avais pas planifié d’apporter mon déjeuner. Ayant mon point de repère manquant, je me suis retrouvé à m’empiffrée sans m’en rendre compte.

Je réaliserai un peu plus tard en débutant notre ascension qu’il s’agissait d’une erreur colossale. Après uniquement 1 heure de marche, mon estomac me faisait mal. J’avais l’impression de peser une tonne. Je compris assez rapidement que mon estomac n’arrivait pas à digérer mon repas. Je me suis donc mise à boire énormément d’eau pour aider. Après deux heures de mal d’estomac, je réussis finalement à aller à la toilette et me débarrasser de ce problème. Comme quoi on apprend constamment côté nourriture en grimpe!!!

Pour nous rendre au pied de la montagne, une immense moraine doit être franchie. Nacho était mal en point à ce stade, et avait décidé d’avancer rapidement, nous avions perdus de vue ces traces. Après quelques instants, nous l’apercevrons au loin et nous retrouvons le chemin à travers cet immense amas de roche nous séparant de la montagne. Ce morraine était beaucoup plus facile que le précédent sur Vallanaraju. Peut-être que je m’y étais habituée, mais je naviguais dans la morraine avec une agilité surprenante!!

Plusieurs enjambés plus tard, je me retrouvais au pied de la route, ou un mur glacé de plusieurs mètres (60 mètres) nous attendait.

La première partie de la route fût grimper en «simul climb». Nacho toussait énormément et Chris et moi s’inquiétait au fur et à mesure que nous avancions. Heureusement Chris, était capable de prendre la relève si Nacho devrait redescendre.

Notre grimpe avançait très rapidement, nous avions perdus un temps considérable à cause de mon problème de digestion, et le temps filait. Nous avons donc accéléré la cadence, et étions conscient du retard. Après notre première partie, nous avons «pitcher» le tout. Chris et moi aimions particulièrement ces parties de nos expéditions, ce fameux moment ou nos piolets sortent et frappent la glace. Il s’agissait personnelle d’un aspect que j’aimes énormément.

Les piolets à l’oeuvre.
Credit: mon amoureux 🙂

Après plusieurs «pitch», nous sommes arrivés vers la crête qui nous apporterait vers le sommet. Une marche plutôt rapide sur une pente de 45 degré.

La finale vers le sommet

Uniquement après quelques heures encore une fois nous nous retrouvions au sommet. Nacho toussait énormément, nous avons donc décidé de redescendre rapidement et d’effectuer des rappels pour accélérer le tout.

Une fois arrivant à la base de la moraine, mon estomac me jouait encore une fois des tours. Encore une fois, nous nous assurerions de me garder hydrater pendant que nous tentions de garder la situation sécuritaire pour tous.

Après uniquement 8 heures, nous étions encore une fois de retour dans l’autocar. Cette fois-ci, Nacho dormit lors de la route. En arrivant à notre hôtel, Nacho nous annonçait qu’il devra trouver un remplaçant, car son état s’était empiré… Triste, nous avons souhaité à Nacho un bon rétablissement et espérions que Jenn trouve un guide qui pourrait nous accompagner d’ici quelques jours sur notre autre objectif.

Jour 9 – 3 août: Yanapaccha
Altitude: 4650 m

Le cadran sonna à 4h00 du matin. Cette fois-ci nos corps était fatigués, après plus de deux sommets en haute altitude en moins de huit jours. Jenn, avait réussie à trouver un guide qui nous accompagnerait sur cette ascension de deux jours. Nous étions encore tristes que Nacho ne se portait pas très bien, mais nous comprenions que pour se rétablir, il devait prendre du repos et ce à basse attitude. Malheureusement, nous devrons avoir un autre guide pour notre dernier objectif.

Un autocar nous accueillit à l’hôtel, avec nos porteurs et cuisiner. Nous allions récupérer notre guide sur le chemin. La route pris plusieurs heures et semblait interminable. Après plus de trois heures, nous nous sommes arrêtés dans la vallée de Langanuco, un point d’arrêt populaire pour touriste. Un lac au pied de plusieurs montagnes s’y trouve, et nous offre une vue sur plusieurs sommets les plus élevés au Pérou : Huascaran et Chopicalqui.

Notre nouveau guide, était un guide locale nommée Freddie. Un guide très sympathique, qui lors de la saison basse se recyclait en guide de trekking au Pérou. Freddie en plus d’être hyper connaissant sur les coutumes du pays, grimpait des routes très techniques ce qui était attrayant pour Chris qui évidemment visait des objectifs de grade plus élevés que les miens.  

Après avoir grimpés de façon autosuffisante pendant plus de huit mois, nous étions choqués de voir l’armée de porteur que deux grimpeurs requéraient.  Ils portaient pour nous tout notre matériel technique, nourriture et tente ce qui rendait nos sacs si légers. Il s’agissait de vraie vacance, et très franchement ce serait super si je n’aurais plus jamais à porter mes propres trucs !!

Comme nos sacs étaient si légers (10 lbs plutôt que 45 lbs), nous sommes arrivés au camp de base en moins de quelques heures. Le camp était situé au bas de la montagne et protéger par des murs de rochers. Nos porteurs avaient, en plus d’avoir transporter la tente, installée celle-ci. Mais quel service, j’étais aux anges!

Vue de Chacraraju de notre campement

De plus, Hernan, notre cuisinier, avait préparé notre repas. Chris et Hernan avait aussi passé plusieurs saisons ensemble. Hernan, était réputé pour être le meilleur cuisinier en haute montagne au Pérou. Très franchement, il était extraordinaire !!!

Après avoir déguster notre repas, nous sommes aller nous étendre dans notre tente. Notre réveil sonnera encore une fois très tôt pour notre départ alpin.

Chris dégustant notre lunch

Jour 10 – 4 août: Yanapaccha
Altitude: 4650 m
Sommet : 5460m

Tracé de la route sur Yannapacha

La nuit fût mouvementée pour moi, je me réveillais en permanence avec l’impression de tomber. Chris me rassurait en caressant mon épaule à chaque fois. Le réveil sonna à deux heures du matin. Après un petit déjeuner rapide et léger….Cette fois-ci nous avions acheté des granolas question de retrouver mes repères habituels. Jess +1, petit-déjeuner -1 !

Le départ de notre camp nous exigeait de naviguer dans la moraine pour quelques minutes avant d’arriver devant un mur de glace qui marquait le début du glacier.  Arrivé sur le glacier, la montagne décida de générer son propre climat. Les nuages firent leurs entrées, et nous étions dorénavant plongé dans un brouillard épais.

Notre ascension fut donc dans ce brouillard. Nous avons pour la majorité de la route grimpé sur une pente de 40 degré en faisant ce que nous appelons des ‘’side stepping’’.

Mon corps était fatigué, et j’avais énormément de difficulté à avancer. Après avoir grimpé trois montagnes en moins de cinq jours consécutif la fatigue me rattrapait. À la suite de plusieurs mètres de side stepping, nous avons débuter des pitch sur un mur de 60 degré qui nous apporterait sur une crête nous mena au sommet.

Près de la crête

Nos sacs et habits était couvert de glace, le brouillard était extrêmement froid.  Arrivé au sommet, Freddi, notre guide, apprit une triste nouvelle, l’un de ses amis guides était décédé dans un accident. Chris et moi, avions eu vent de plus de quatre morts depuis notre arrivée au Pérou. Malheureusement la montagne n’est ni juste ni injuste.

Souriez on est au top!

Des noeuds, mais pour quoi faire?

Pour descendre, nous avons repasser par la petite ouverture de la crête. Nous avons partagé le rappel installé par l’équipe avant nous afin d’accélérer notre descente. Freddi descend le premier s’en suit de Chris et finalement j’embarque. Je descend dans l’épais brouillard, et j’aperçois rapidement Chris. Au fur et à mesure que je m’approche je jette un coup d’oeil derrière et lance à Chris un cris d’inquiétude.

L’ouverture de la crête

Mais qu’est-ce que c’est ça? Dans mon bon accent québécois, un grimpeur avait enlevé les noeuds de ma corde, m’exposant à une chute inévitable si je ne controllait ma descente sur le ligne. Prise de panique je remarque que Chris tenait la corde, et il me lance qu’il s’était aperçu que quelqu’un avait défait les noeuds au bout de ligne et qu’il s’était emparé de la corde rapidement!

Un (ou plusieurs) imodium(s) s’il vous plaît!

Après cette épisode, comme toute les descentes précédentes, mon estomac me joua encore des tours… Si bizzare pourtant j’avais pris un imodium au sommet. Dès le moment ou nous avons pris l’ouverture de la crête vers notre première station de rappel j’ai été, en plus, à la toilette et ce sans problème! Mais que ce passe-t-il avec moi?

Bref, j’emboîte le pas et encore une fois on me tient en vie en donnant le plus possible d’électrolytes. On commence à s’y faire…. Lors de mon dernier objectif, par contre, se sera l’imodium all the way!!!

Sur le chemin de la descente

Au revoir brouillard

La descente fût rapide et arrivé au camp nous prirent une bouchée pour rapidement prendre le sentier vers la route ou nous avions été débarqué il y a quelques jours. Notre chemin de retour prendra plus de 6 heures de route sur un chemin rocailleux avec un estomac qui ne gardait aucune nourriture. Ce fût long!

Ciao brouillard

Jour 11 – 4 août: Huaraz
Altitude: 3500 m

Après plus de trois sommets, nous sommes restés en ville pour se reposer. Un repos bien mérité. L’estomac se portait bien de son côté!

Jour 12 – 5 août: Vallée d’Ishinca
Altitude: 3500 m

Après avoir grimpés plus de trois montagnes en moins de six jours, nous étions en route pour notre dernier objectif: Tocllaraju. Exténuée, je poussais la machine. Pour cet objectif le plan était fort simple Chris grimperait la face ouest et moi la route normale. Nous avions conséquemment engagé deux guides séparés.

J’étais particulièrement excitée à l’idée de retourner dans la vallée d’Ishinca, car Chris et moi s’y étions rencontré il y a plus d’un an. Qui aurais su qu’un an plus tard, nous nous retrouverions cette fois-ci main dans la main à retourner sur ce banc ou nous nous sommes vus pour la première fois.

Pour rejoindre la vallée, nous devions effectuer un voyagement par autocar de plusieurs heures. Au bout de la route, nos mules ainsi que notre cuisinier favoris, Hernan, nous attendrait pour amasser notre équipement. Une marche de quelques heures s’en suivrait pour arriver tout près du chalet de montagne.

Contrairement à ma dernière expédition, Chris et moi avions décidé de camper plutôt que de rester dans le chalet. La nuit plusieurs grimpeurs font des départs alpins, ce qui pourrait perturber notre sommeil. De plus, comme mon estomac était extrêmement fragile de ces jours, contrôler la nourriture que je manges était la meilleure option. Les cuisiniers du refuge étaient pour la plupart de jeunes adolescent qui se portaient volontaire pour soutenir l’organisme sans but lucratif en charge du refuge…. Je vous laisse en faire vos conclusions sur la nourriture!

Afin de rendre le tout confortable nous avions engagées des mules et porteurs pour nous aider à transporter notre équipement ainsi que celui de nos deux guides et notre cuisinier.

Sur le sentier vers la hut, j’aperçus la roche ou l’an dernier j’avais téléphoné ma famille. Anxieuse et tremblante j’avais appris que mon chien était mort durant l’une de mes ascensions dans la vallée. Je tentais désespérément de chaser ces souvenirs qui encore me faisait mal.

En arrivant à la hut, nous préparions notre campement et Chris et moi tombions endormie comme des bûches.

Vue de Toclarajju de notre site de campement

Jour 13 – 6 août: Sommet
Altitude: 5100 m

Chris observant Toclarajju
En vert (lui): face Ouest
En mauve (elle): route normale

Après le petit déjeuner, nous rassemblions notre équipement et nous nous rendions vers le camp intermédiaire où nous passerons la nuit. Situé à plus de 5000m, il s’agirait de la première fois où nous dormirons à cette altitude.

Après avoir marcher dans le Morraine pour quelques heures, nous arrivons au camp tard.

Notre campement

Nous soupions et hop nous nous installions pour dormir. Une courte nuit nous attendions. Notre ascension vers le sommet débuterait vers minuit.  Je prendrais la route normal et Chris tentera de grimper la face ouest de la montagne.

La nuit fut difficile pour moi. J’entendais le glacier craqué et le sol tremblé ce qui me tenait réveillée pour la plupart de la nuit.

Vue de notre camp donnant sur la face ouest de Toclarajju

Le cadran sonnait à 11 pm, marabou je me forçais d’engouffrer mon déjeuner. Mon estomac était encore une fois plein de la veille.

Je serrai fort Chris dans mes bras et priait silencieusement pour sa protection. Mon guide et moi débutions notre ascension.

Une grimpe courte

Malheureusement, après une heure mon guide m’annonçait qu’il s’était blessé en entrant sur le glacier et qu’il n’était pas capable de garder la cadence. Inquiète je lui demandais d’évaluer son niveau d’inconfort sur 10, 1 étant je ne peux plus continuer et 10 je suis en parfait était. Il hésitait, je lui redemanda la question en insistant que la montagne n’est sans pardon et que nous devons évaluer la situation. Celui-ci me repondit en toute franchise 3…. C’est alors que mes pensées se bousculèrent.

Parfois le cours de nos pensées défilent rapidement comme le courant d’une rivière. Nous réalisons après peu de temps que pour vaincre ce courant, il faut nager et ce plus fort, car le courant nous avalera. Nager pour vivre.

C’est alors que je vaincu mes pensée et annonça avec grand regret à mon guide que nous retournerons au camp.

Après tout un genou blessé sur une route techinique pourrait coûter à notre cordée une chute sans pardon. L’alpinisme est un sport d’équipe et c’est dans l’union que nous sommes fort. Déçu mon guide compris que cette décision était la meilleure. Tête baissée nous nous tournions vers le camp. Je tentais de rester positive, en le rassurant, car moi aussi par le passée j’ai vécue des moments ou je n’allais pas très bien.

Règle générale: Pour chaque sommet, il y a souvent plusieurs tentatives. Habituellement, un grimpeur expérimentera un taux de succès de 50%.

Jour 14 – 7 août: Retour
Altitude: 5100 m

Je tentais de retourner me coucher, mais le honey stinger bourré de caféine que j’avais engouffré au petit déjeuner pour compenser le fait que je bois pas de café m’empêchait de fermer l’œil. Le glacier derrière moi nous réservait de plus sa ballade nocturne de symphonie faisant vibrer chaque particule du sol et sauter mon coeur.

C’est alors que de mon campement je regardais Chris grimper cette face qu’il voulait grimper depuis plusieurs années.

Je m’installais sur une roche et je guettais leur mouvement en écoutant de la musique seule au milieu de cet énorme glacier qui réservait des dangers innombrables à ceux qui déciderait de le franchir.

Chris fût de retour après moins de 10 heures de grimpe, le froid l’avait impacté plus que je n’avais imaginé. Triste de ne pas avoir partagé le sommet aussi, je l’enlaça dans mes bras et fermis les yeux pour cacher mes larmes de déception.

Au revoir Pérou, à bientôt Tocllaraju

Nous ramassions notre campement, et après peu de temps nous étions en route vers Huaraz. Encore une fois, nous étions de retour avec de nombreux souvenirs. À la prochaine Pérou!

Au revoir vallée d’Ishinca

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