Mont Rainier: Ascension de la route «Kautz »

  • Date de l’ascension: 20-22 juillet 2019
  • Grade Alpin: WI2-3

Stratégie :

  • Jour 1 : Stationnement Paradise – High Camp Hazard
  • Jour 2 : Sommet – descente via la route ‘’ Disappointment Cleaver’’

Derrière chaque sommet il y a une (plusieurs) tentative(s)

Il n’est jamais trop tard pour en être en retard, n’est-ce pas? Après plusieurs semaines et multitude de raisons pour ne pas m’asseoir et mettre par écrit ce récit, j’ai décidé de tourner la page et de laisser l’encre couler! Après plusieurs brouillons et corrections en voici finalement la version finale. Cette aventure fait partie de celle où j’en suis revenue intacte, mais légèrement différente….

Le 4 juillet, fête nationale aux États-Unis, Chris et moi avions évidemment décidés de partir à nouveau vers de nouveaux sommets. Cette fois-ci, nous visions une route technique sur le mont Rainier, le plus haut volcan aux États-Unis culminant plus de 4,000 mètres.

Notre choix s’était arrêté sur une route de grade ‘’WI2-3’’ nommée le ‘’Kautz’’. Une route classique offrant plusieurs ‘’pitch de glace’’ et un grade intéressant pour notre préparation en vue de notre voyage en Amérique latine.

Notre plan était de grimper la route sur 3 jours. Certains effectuait le tout sur deux jours d’autre en 4. De notre côté, nous avions jugés que 3 jours était raisonnable pour un gain de plus de 3,000 mètres.

Seulement, comme je décris souvent dans mes articles les plans ne se déroule jamais tel que planifié. Une série de décisions nous amènerons à rebrousser chemin et nous inviter à tenter à nouveau notre chance sur la montagne quelques semaines plus tard…voici le récit de cette deuxième tentative.

Jour 1   

Notre ascension débutait du stationnement ‘’Paradise’’ à plus de 1 500m. Cette fois-ci, nous avions coupé le plus de poids possible: bottes plus légères, sac ‘’hyperlite’’, rationner la nourriture, etc. Le but était ultimement de bouger le plus rapidement possible afin de rejoindre le camp le plus élevé: Hazard à plus de 3 000m.

Sac sur le dos, nous emboîtons le pas aux petites heures du matin sur le sentier qui nous mènerait sur notre premier glacier d’une série de plusieurs: le skyline trailhead.

Après quelques heures de marche, nous arrivions sur notre premier glacier, le nisqually. Ce glacier était plutôt simple à naviguer…. Initialement. Comme nous étions tard durant la saison de grimpe, il faisait extrêmement chaud et évidemment le tout avait ouvert d’importantes crevasses, nous exigeant de faire preuve de patience et créativité, car les ponts de neiges étaient pour la plupart fondues. Ce labyrinthe austère était un rappel que nous devions faire preuve de vigilance.

Nerveusement, nous marchions encordée et tentions de rester alerte. Le peu d’options s’offrant à nous exigeaient encore une fois de nous retrouver en position d’arrêt sur le sol et de franchir à tour de rôle ces ponts de neige affaiblies qui laissaient après chaque pas tomber de nombreux morceaux de glaces dans l’abysse des énormes crevasses. Silencieusement, je réfléchissais à chaque mouvement. Mon instinct de survie exigeait à la crainte de disparaître pour faire placer à la raison.

Après plusieurs heures de navigation complexes, nous étions arrivions sur notre deuxième glacier, le Wilson. La traversée en fût fort simple. Une marche de plusieurs heures sur une pente inclinée de plus 45 dégrée nous séparait du camp hazard.

Après plusieurs heures, nous arrivions au camp supérieur ou nous pouvions apercevoir plusieurs tentes déjà installés.  Comme la chaleur accablante, nous avait forcé à écouler nos réserves d’eau, nous nous lancions à la recherche de neige autour du camp. Une autre équipe près de nous, nous avait informés qu’une source d’eau naturelle existait au camp supérieur. Après avoir demandés à quelques équipes, Chris m’appel : « Attrape ton piolet et une vise à glace, nous partons vers la source d’eau ». Perplexe, j’agrippes ce qu’il me demande. Un amas de pierre formant un Cairn indiquait l’endroit exact de l’ouverture où un petit ruisseau en sortait.  Armé de sa vise à glace, Chris le met à la source d’eau afin de créer ainsi un tuyau pour en faciliter l’écoulement. Ingénieux n’est-ce pas?

Après avoir renfloué nos bouteilles, nous avions décidé de préparer notre repas dans la tente comme les vents étaient forts. Afin de cuire notre délicieux repas de nouille instantanée, nous devions réchauffer une petite quantité d’eau que nous avions décidé de faire dans la tente. Évidemment, nous avons renversé notre réchaud ainsi que l’eau bouillante. Buff à la rescousse, nos bottes et notre matériel en sorti intact ! Quelques nouilles instantanées plus tard, nous étions partis dans l’univers des rêves.

Jour 2

Le glacier situé au-dessus de notre campement, s’assurait de nous bercer avec ces nombreux craquements laissant tomber d’importants morceaux de glaces. Lors de notre première tentative, Chris et moi avions aperçu une chute de glace provenant de se glacier, ce qui m’avait glacée le sang sachant que nous devrions le traverser. Apeurée par l’idée d’être ensevelie par une chute de glace provenant de ce glacier, je me réveillant en sursaut à plusieurs reprises me déprivant de sommeil.

Notre ascension débuta aux premières lueurs de soleil afin d’obtenir un climat plus chaleureux ! Comme ce fameux glacier qui m’avait tenu éveillée était connu pour avalancher fréquemment en après-midi, nous avions décidé de ne pas entreprendre notre descente par le chemin de la montée qui nous forcerait de traverser le glacier tard en après-midi, mais plutôt de faire ce que nous appelions un ‘’up and over’’ et redescendre par la route normale de la montagne c.i.e l’autre côté de la montagne.

Équipée, notre première section technique débute par la descente vers le glacier kautz. Une corde fixe est installée en début de saison par les compagnies d’expédition grimpant la montagne. Garnie de poil de chèvre de montagne, nous décidons de nous encordée nous même et de faire un rappel avec notre propre corde. Notre descente se fait avec précision. La glace est fine nous nous fions donc à notre rappel!

À grande enjambée je traverse avec Chris le glacier Kautz. J’oses regarder le fond d’une des crevasses et le cœur me lève en réalisant que je ne peux pas apercevoir le fond. Quelques minutes plus tard, nous arrivons au pied de la route. Un long mur offrant une formation mixte de neige et glace s’abandonne à nous.

La première partie se fit simplement en ‘’simul climb’’. La neige était ferme et nous permettait de marcher.

Après quelques temps, nous avons finalement ‘’pitcher le tout’’. Les glaciers autour de nous craquait sous la chaleur laissant tomber d’important morceaux de glaces. Tel que je m’y attendais la glace était fine. À quelques reprises je devais me fier sur peu d’appuie pour m’assurer de grimper le haut de ce mur, gardant ainsi mon rythme cardiaque dans le tapis comme on dit chez nous! Quelques mouvements ingénieux et créatifs plus tard, nous nous retrouvions sous le ‘’point of success ‘’, ce faux sommet du Mont Rainier. Pensant que les moments troublants sont derrière nous, je réalise que les rimayse c’est type de crevasse qui se forment par suite de l’avancée du glacier qui s’éloigne de sa base sont partout, mais partout. Cette fois-ci, je ne sourie plus. Il se fait tard, et nous réalisons que nous ne pourrons pas avancer rapidement.

Chris m’instruit de le suivre tranquillement pendant que nous tentons de trouver un passage à travers cette énorme fissure qui fait plusieurs km. En marchant côte à côte, j’entends sous mes pas des morceaux de glace tomber. Je réalise rapidement que nous marchons sur une fine portion de glace qui ne tardait à briser et nous emporter dans la crevasse. Priant silencieusement un papillon apparaît et celui-ci nous quittera uniquement qu’une fois la traversée des nombreuses crevasses terminées, s’agit-il d’un signe? Peu importe, ce papillon me rassura que nous étions protégé.

C’est alors que notre traversée jusqu’au sommet fut joyeusement remplie de crevasses qui nous retardait dans notre avancée. Nerveusement, nous courions contre le temps afin de traverser celle-ci rapidement, car frappant fort sur la neige les ponts risquaient de s’effondrer sous nos pas.

Arrivée au sommet, nous étions remplies d’espoir que la descente serait facile. Le mont Rainier est grimpé de façon religieuse par RMI qui ont la responsabilité de mettre les échelles sur les crevasses et de délimiter la route ‘’normale’’. Nous restons donc attentifs pour ces petits drapeaux rouges marquant notre chemin de retour.

Un petit drapeau nous indique de prendre une route offrant une panoplie de roche volcaniques lousse. Nerveusement, nous voyons des drapeaux tombés sur le sol. « Chris, je crois que nous nous sommes éloignés.» Je regarde nerveusement à ma droite et je m’aperçois que nous sommes sur une colline offrant comme porte de sortie une crevasse de la taille d’un immeuble. Plus nous marchons plus la pente s’offrant à nous deviens à pique. Nos pieds commencent à glisser sur les roches lousses sur le sol. Après ce qui parut comme plusieurs heures versant une larme je lance à Chris que nous devons absolument changer drastiquement de route, sans quoi nous finirons par mourir en tombant en apportant chacun. Silencieusement, nos regards se croise. Larmes coulant sur mes joues nous savions que nous devions le plus rapidement sortir de cette trappe mortelle.  La nuit commençait à tomber et sans visibilité et les hauts vents, nous courions à notre perte.

Situé sur notre droite une autre colline similaire s’offrait à nous, par contre pour y arriver nous devions traverser une formation de neige qui semblait à première vue être potentiellement un fumerolle, une panache de vapeur que nous retrouvons sur les volcans.  Une chute dans ce type de panache pourrait être mortelle sachant que des vapeurs toxiques en ressorte.

Tranquillement nous traversons ce tapis de neige blanc et rapidement Chris aperçoit ce petit drapeau sauveur délimitant la route. Nous étions de retour sur la route normal qui à la suite de la chaleur nous forcait d’entreprendre des détours incontrôlables afin d’éviter les immenses crevasses ouvertes.

La nuit tombait, les avalanches débutait et les chutes de roches était au rendez-vous. Rapidement, nous avions écouler nos réserves de nourritures et d’eau. Nous avions tout de même décider de continuer de marcher et persévérer afin de retourner au stationnement. Une lune rouge nous éclairée sur notre retour, s’agissait-il d’un signe? Possible, mais pour le moment je trouvais le tout romantique et pris un instant pour serrer mon partenaire de grimpe et de vie dans mes bras. Après plus de 20 heures, Chris et moi avions enfin retrouver le stationnement du paradise.

Kautz à la prochaine saison de grimpe l’an prochain – nous nous reverrons, mais cette fois-ci un peu plutôt dans la saison 😊 !


				

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